La Geste de Gestin.
"Le temps des fées, c'est celui de mon enfance. Le temps où j'ai découvert les contes de fées, peuplés d'elfes et de lutins facétieux. J'aimais ces légendes extraordinaires, parfois improbables, et toujours fabuleuses. Elles peuplaient mon imaginaire comme on colonise un lieu, comme on s'installe chez soi. J'aimais aussi inventer des histoires, et surtout y croire. J'aimais rêver, créer comme on trame un sortilège, une bulle chimérique qui me protégeait du monde extérieur. Et j'y suis encore, non pas prisonnière d'un passé révolu, mais toujours en contact étroit avec la petite fille lunaire que j'étais, cette enfant qui me protège du fanatisme, de l'insensibilité et de l'indifférence ambiantes."
J'aime aller dans les librairies, rester des heures dans les rayons, penchée sur des livres héritant leur style enluminé des moines, interrogeant du regard des cristaux, des tarots, des oracles. C'est ainsi qu'il y a quelques années, mes mains se posèrent sur un tome d'or aux pages parcheminées. Je le parcourus avidement : entre Terre du Milieu et Avalon apparurent les profils, coupés aux lames elfiques, d'êtres tout droit sortis de la vallée de Fondcombe. Sur le papier, dont le crissement de neige cistercien m'enchanta, Sandrine Gestin, dessinatrice, abreuvait ses personnages arthuriens, leur rendant d'un coup de crayon, et non d'épée, leur monde perdu et envolé. Conquise, j'emportai avec moi La Bible des Fées qu'elle avait illustrée. Celle-ci dormit longtemps dans ma bibliothèque avant d'être réveillée par la meilleure version de moi-même : la brodeuse de songes, celle qui voit la rosée marcher, comme une araignée limpide, sur l'herbe du matin, pendant que retentissent au loin les klaxons des voitures. Celle qui voit au-dessus et en dessous du monde froid, indifférent et sans attrait.
Depuis plus de vingt ans, Sandrine consacre son âme, ses peintures et sa plume à l'art de se révéler à elle-même, à ce monde secret que certains d'entre nous pressentent ou connaissent. Ce monde demande, pour qu'on y entre, du courage et de la douleur, de l'audace et de la pudeur, de la sagesse et de la folie, de la patience et du désir. Sandrine le sait bien : les élans spirituels de l'enfance ne sont pas des braises éteintes que l'on s'efforce de remuer, mais des moteurs dont les chants féeriques font vrombir l'âme, des portes que l'on fait apparaître dans le néant d'une vie sordide, qui, trop souvent, nous arrache à ce que nous avons de plus précieux ; notre imagination, notre capacité à créer, à désirer quelque chose de plus véritable que ce que le monde moderne tente de nous faire acheter.
C'est cette vérité d'ombre et de lumière, venue du fond des temps, qui me touche dans l'univers de Sandrine. Ce sont ces visages qu'elle veut bien nous ramener des voyages que son âme entreprend. Cette féerie grave, inspirée de Tolkien, qui ne transige pas sur la douceur. Ces profils longs et exigeants, aux nez dévoués, faits pour sentir, aux lèvres charnues, faites pour embrasser l'Éternel, qu'il soit vif ou moribond.
Ce qui entoure les œuvres de Sandrine, c'est l'indéniable enfin rendu palpable ; un foyer qu'on ignorait mais qui était à nous. Quand je regarde les dames qu'elle a coulées, comme de longues cires blanches, ou de feu, ou sombres, sur le papier d'un livre, mon immortelle forêt sort de la vacuité, là où je l'avais laissée juste avant de mourir. Et je reprends vie. Je vois la douceur bleue des jours d'hiver, la lumière que prononcent les yeux flous des dragons. Et je vois dans ces âmes que me tend Sandrine la tapisserie d'un monde qui revient, avec ses mains offertes, pour évoquer les légendes qui disent vrai.
Ces légendes sont des rêves éveillés, rieurs et combatifs, silencieux et sérieux, comme les fées qui vivent sur les toiles de Sandrine, ces dames dont la grâce est une lame de Gondolin, dont l'indulgence est une brûlure. Et les brûlures, parfois, guérissent.
Finalement, il n'y a qu'une guerre à mener, qu'un rêve à rêver, et qu'une vie à vivre : l'Amour. Il me suffit de plonger dans les images de Sandrine pour en prendre conscience.
L'Amour, cette nature qu'on veut nous faire oublier, mais qui règne toujours dans nos cœurs, où la chair spirituelle est tendre et tient bon.
Merci, Sandrine, pour le doux sourire qui se trame dans ma brocéliande intérieure, chaque fois que je regarde tes dessins.
Les légendes sont Vérité.
Sandrine est l'auteure de nombreux livres parus aux éditions au bord des continents. Retrouvez une de ses magnifiques œuvres ici
Retrouvez moi sur l'Instagrâme : lys_laverne
-Sandrine Gestin
Depuis plus de vingt ans, Sandrine consacre son âme, ses peintures et sa plume à l'art de se révéler à elle-même, à ce monde secret que certains d'entre nous pressentent ou connaissent. Ce monde demande, pour qu'on y entre, du courage et de la douleur, de l'audace et de la pudeur, de la sagesse et de la folie, de la patience et du désir. Sandrine le sait bien : les élans spirituels de l'enfance ne sont pas des braises éteintes que l'on s'efforce de remuer, mais des moteurs dont les chants féeriques font vrombir l'âme, des portes que l'on fait apparaître dans le néant d'une vie sordide, qui, trop souvent, nous arrache à ce que nous avons de plus précieux ; notre imagination, notre capacité à créer, à désirer quelque chose de plus véritable que ce que le monde moderne tente de nous faire acheter.
C'est cette vérité d'ombre et de lumière, venue du fond des temps, qui me touche dans l'univers de Sandrine. Ce sont ces visages qu'elle veut bien nous ramener des voyages que son âme entreprend. Cette féerie grave, inspirée de Tolkien, qui ne transige pas sur la douceur. Ces profils longs et exigeants, aux nez dévoués, faits pour sentir, aux lèvres charnues, faites pour embrasser l'Éternel, qu'il soit vif ou moribond.
Ce qui entoure les œuvres de Sandrine, c'est l'indéniable enfin rendu palpable ; un foyer qu'on ignorait mais qui était à nous. Quand je regarde les dames qu'elle a coulées, comme de longues cires blanches, ou de feu, ou sombres, sur le papier d'un livre, mon immortelle forêt sort de la vacuité, là où je l'avais laissée juste avant de mourir. Et je reprends vie. Je vois la douceur bleue des jours d'hiver, la lumière que prononcent les yeux flous des dragons. Et je vois dans ces âmes que me tend Sandrine la tapisserie d'un monde qui revient, avec ses mains offertes, pour évoquer les légendes qui disent vrai.
Ces légendes sont des rêves éveillés, rieurs et combatifs, silencieux et sérieux, comme les fées qui vivent sur les toiles de Sandrine, ces dames dont la grâce est une lame de Gondolin, dont l'indulgence est une brûlure. Et les brûlures, parfois, guérissent.
Finalement, il n'y a qu'une guerre à mener, qu'un rêve à rêver, et qu'une vie à vivre : l'Amour. Il me suffit de plonger dans les images de Sandrine pour en prendre conscience.
L'Amour, cette nature qu'on veut nous faire oublier, mais qui règne toujours dans nos cœurs, où la chair spirituelle est tendre et tient bon.
Merci, Sandrine, pour le doux sourire qui se trame dans ma brocéliande intérieure, chaque fois que je regarde tes dessins.
Les légendes sont Vérité.
Sandrine est l'auteure de nombreux livres parus aux éditions au bord des continents. Retrouvez une de ses magnifiques œuvres ici
Retrouvez moi sur l'Instagrâme : lys_laverne





Commentaires
Enregistrer un commentaire